Archives de l’auteur : Mathieu L

Maison&objet 2015 : étude UBTrends sur « l’habiter » du futur

Home Trend Journal #7 (Express Roularta Services) – Habitat du Futur

UBTrends vous propose de découvrir l’étude réalisée en exclusivité pour Groupe Express Roularta.
Une vision projective issue d’une méthodologie mixant :

  • interviews d’experts (architectes, designers, urbanistes…)
  • groupes qualitatifs de Français Paris/Province
  • et workshop créatif avec des professionnels de l’habitat.

Retour vers le futur :

Depuis la sortie du cahier de tendances des « courants de création de l’habitat » en 2009, 7 ans après qu’en est-il ?

Comment passe t-on d’un habitat structuré, fonctionnel, normé et clos avec des espaces bien définis, à un habitat dont les fonctions s’effacent au profit des modes de vie ?

Autrefois largement dépendant de la cellule familiale, l’individu va désormais interagir avec ses espaces à vivre, mais aussi avec la ville et la nature qui l’entourent et surtout partager des services et des émotions via des technologies devenues « aimables »

Les quatre grandes évolutions à l’échelle sociétale influent sur les modes de vie.

Ecosystem makers ou les autosuffisants

Retrouver des marges de manœuvre pour transformer son milieu, c’est pouvoir agir concrètement et facilement sur son habitat : être capable de le façonner, le modifier, comme certains animaux peuvent le faire.

 

Sharing ou la voie du partage

Expérimenter les lieux en partage : aujourd’hui on voit éclore une nouvelle économie du partage : le co-voiturage, les cohabitations, co-locations… Le « co » fleurit un peu partout, et dans le mot de partage, il y a l’idée de répartir, délimiter les choses, délimiter un milieu pour pouvoir y habiter, physiquement et virtuellement (développement du Cloud Computing).

 

Self empowerment ou l’autonomie responsable
L’accessibilité pour tous, la ville réellement partagée, un terme presqu’intraduisible en Français, la « capabilité »* : retrouver du pouvoir,
renforcer sa capacité sensorielle, ses capacités perceptives, renforcer sa rencontre avec l’autre, reprendre la conversation… le versant positif, optimiste et « social » de la culture numérique et des objets connectés.* terme utilisé par Chris Younes, philosophe et urbaniste, pendant la conférence UrbanTrends #4 mars 2014

 

Energy Sensor ou le savoir capter

Utiliser les énergies comme puissances de métamorphose et de régénération : savoir alterner entre énergies de mouvement (le jeu, les sports, la vitalité) et énergies calmes, de contemplation, « zen »

Des nouveaux modes de vie qui réorganisent l’habitat

On passe de la fonction…

Un habitat ergonomique : le gîte
Un cocon protecteur permettant de se retirer de la vie sociale : le refuge
Une mise en scène des compétences statutaires et financières : l’écrin
Un territoire d’expression créative : l’agora…

 

…au mode de vie

Un habitat interactif et évolutif : un territoire mutant
Un lien vers le collectif (renouer différent avec la vie sociale) : un champ d’interactions
Une ouverture, un partage sur le monde (ville, nature…) : un espace sensoriel
Un mode d’expression créative individuelle et collective : un champ d’expérimentation

Des nouveaux modes de vie qui modifient l’univers de la déco

Intelligence et création collective
Fin des « starchitectes » et des diktats : presse, mode, design, déco…
La fin des dogmes est arrivée. Le partage est une idée qui s’applique à tout : la ville, la maison, la consommation, la mobilité, la travail…

L’intelligence collective en est à ses prémisses.

 intelligence-creation-collective

Expertise et mélange des savoir-faire

La recherche d’authenticité et le mélange des savoir-faire se poursuivent avec un juste milieu entre tradition et innovation technologique.

 

Confort sous capteurs

Un habitat techno-sensible intégrant des matériaux intelligents pour aller toujours plus loin dans le plaisir sensoriel.

 

L’interpénétration ville/nature
Une maison ou un jardin en ville, le rêve des français commence à influencer les architectes et les décorateurs dans la conception des appartements et des intérieurs.

ville-nature

L’hyper personnalisation

La personnalisation a le vent en poupe : on veut exprimer sa personnalité et acheter des signatures elles-mêmes inscrites dans une logique d’auteur(s), singulier(s) ou collectif(s).

 

La modularité

Possibilité de créer des compositions en fonction de la famille et de la surface. Les meubles n’étant plus seulement des objets… ils sont Architecture. La modularité ou l’art de transformer son intérieur au gré de ses besoins.

Modes de vie, modes de villes

Les styles de vies évoluent avec le rapport à la ville et donc à l’habitat.
Trois portraits de français // Trois nouveaux modes de vie

portaits-modes-de-vie-v2

Qualité de vie

Valérie, 45 ans

  • Divorcée avec deux enfants
  • Vit à Strasbourg, en appartement, au centre-ville
  • Valérie travaille au Parlement Européen
  • Revenus : 4 500 euros par mois
  • Marques / enseignes : Archea, Farrow & Ball, Roche Bobois, BoConcept
  • Inspiration déco : fan de magazines de décoration, de Pinterest,…
    → Valérie aime sa vie de quartier et ses commerces de proximité

Isolés ensemble

Sonia, 38 ans et Jérémie, 43 ans

  • Mariés avec é enfants
  • Vivent dans un pavillon de banlieue
  • Sonia est employée de mairie et Jérémie est commercial
  • Revenus : 4 000 euros par mois
  • Marques / enseigne : Ikéa, Conforama, Maison du Monde, Jardiland
  • Inspiration déco : émission de télévision, sites média,…
    → Bricoleur amateur, Jérémie confectionne lui-même certains meubles de sa maison

A plusieurs dans ma bulle

Arnaud, 29 ans

  • Célibataire sans enfants
  • Habite entre 3 villes (Paris, Berlin, Londres)
    Il n’a pas de bureau fixe et se déplace partout en Europe
  • Arnaud est graphiste freelance
  • Revenus : 2 500 euros par mois
  • Marques / enseignes : Fleux, Kartell, Fermob
  • Inspiration déco : sites de marque, blog,…
    → Il mixe du contemporain avec des objets chinés lors de ses voyages

Tous différents mais avec des valeurs communes
ANCRAGE TERRIEN > < CONNEXION A LA VILLE

PROCHE > < LOINTAIN

INTIME > < UNIVERSEL

 

Le Home Trend Journal Issue #7 est visible ci-après :

 

Étude en souscription – Métropoles et agglomérations : Quelle lisibilité/visibilité pour 2015?

Visuel-Metro-Agglo-Lisibilite

Si les agglomérations et métropoles ont pris conscience de l’importance du marketing territorial, certains territoires jugent encore qu’un joli logo et qu’un nom « punchy » suffiront à accroitre leur attractivité. Or, si une métropole cherche à devenir une « destination », son identité doit non seulement refléter plusieurs composantes (historiques, économiques, culturelles, qualité de vie, capacité à créer de l’emploi…) mais aussi être unifiée et lisible par tous.
Aujourd’hui, c’est rarement le cas : de nombreux potentiels restent inexploités dans l’expression identitaire des agglomérations. Notre étude a pour objectif de lever le voile sur ces contradictions afin d’aider les décideurs (élus, aménageurs, promoteurs) à mieux incarner leur projet territorial et à le présenter de façon différenciée par rapport à ses concurrents.

wxc

Pour télécharger le projet : Métropoles et agglomérations : quelle lisibilité/visibilité pour 2015 ?

Pour tous renseignements supplémentaires, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse suivante : urbantrends@ubtrends.com

Modes de vie, Modes de ville dans la Revue INfluencia N°10

À l’époque où les infrastructures priment souvent sur les modalités du vivre ensemble, il est important de comprendre comment les styles de vie influencent notre façon de concevoir et d’investir les espaces d’habitation, aussi bien à la maison qu’au bureau, en centre-ville ou en zone périurbaine.

L’urbanisme d’aujourd’hui ne peut s’envisager que dans le respect des conditions de l’habiter, donc des modes de vie qui iront avec. Il est indispensable de ne plus séparer mais de lier la compréhension des imaginaires, des usages, des représentations et des projections de la ville.

Rétablir des cadres et des repères

L’intérêt des styles de vie résidera alors dans le fait de rétablir des cadres, des repères, pour arriver à expliquer et à comprendre des phénomènes qui sont souvent mouvants et qui échappent à l’analyse.

Et ce, même si les styles de vie sont aussi des compromis que le citoyen consommateur va faire entre des éléments contradictoires de sa vie. On parle souvent de l’opposition entre valeurs individuelles et valeurs collectives, entre obligations professionnelles et familiales, entre vie sociale réelle et vie sociale virtuelle. L’important aujourd’hui est de ne pas entretenir l’illusion que tout se mélange, donc que tout « se vaut ».

À force d’hybridation, il faut retrouver des délimitations, des frontières et des territoires pour mieux comprendre les phénomènes socioculturels. D’où l’intérêt méthodologique de décrypter et d’analyser les modes de vie de façon intuitive au départ, puis de les vérifier sur le terrain ensuite. Cartographier les « milieux » de vie des habitants permet de comprendre leurs valeurs et leurs choix en dynamique et non de façon figée comme dans les CSP classiques.

Les goûts et les styles de vie sont déterminés par notre position sociale

Un double hommage peut donc être rendu quand on parle de styles de vie et de territoires. D’abord à Pierre Bourdieu, qui a créé un choc avec « La distinction » en 1979, en s’attachant justement à démontrer que les goûts et les styles de vie sont déterminés par notre position sociale : tout le monde ne fait pas le même sport ni n’a les mêmes pratiques culturelles, et cela s’applique à tous les champs de la consommation, que ce soit l’habillement, la décoration de chez soi, la façon de parler…

Cet Habitus est la manière non consciente qui guide nos choix et fait que toutes nos pratiques ont un « air de famille » jusqu’à former un « style de vie » que l’on retrouve bien entendu dans la diversité des modes d’habiter.

Malgré l’uniformisation des « tendances » de décoration, il est encore possible de lire le rapport à l’usage domestique des uns et des autres comme des signes de leur position sociale (cf. la place de l’écran TV dans les foyers, par exemple).

En outre, même si les pratiques culturelles ne sont plus entièrement déterminées par la logique des appartenances de classe (la musique et le cinéma en sont la preuve) et que nos sociétés sont de plus en plus fondées sur la pluralité des appartenances (générationnelles, ethniques, expérientielles…) l’éclectisme « à tout crin » a des limites : malgré la fragilisation et le brouillage symbolique des frontières, attention à ne pas disqualifier cette théorie. Jamais la culture n’a été aussi discriminante, donc merci à Bourdieu et aux styles de vie de nous le rappeler.

La force des sociostyles

Le second hommage va à Bernard Cathelat, qui a influencé des générations de « marketeurs » depuis les années 80. Il a innové en son temps en proposant de positionner des mentalités sur des cartes de valeurs et de représentations. L’intérêt de sa méthode et la force des sociostyles dans le temps, c’est une organisation des styles de vie par territoires stables (les mappings de valeurs), ce qui permet d’inscrire une tendance durable par rapport à une mode qui, elle, est éphémère.

Comment s’articulent aujourd’hui les styles de vie avec les modes d’habitat ?

L’application de divers travaux ethnographiques à des marques aussi différentes que le textile et l’automobile sur le plan international nous a permis d’identifier des lieux de vie par quartiers en fonction des pratiques culturelles, médiatiques des consommateurs de chaque pays étudié. Malgré un socle de valeurs et de codes communs qui lie certaines cibles au-delà des frontières, l’attachement à la marque s’opère différemment d’une zone à l’autre, car il est fortement corrélé au contexte culturel et médiatique local. Ainsi, l’attrait pour le style « vintage », qui est en ce moment commun à beaucoup de jeunes gens « trendy » du monde entier, ne concerne ni les mêmes époques, ni les mêmes objets pour un jeune Américain, Japonais ou Français !

Mais à l’inverse, la sociologie de l’habitat peut aussi aider à mieux comprendre les styles de vie. Ainsi, à partir des deux grandes structures de l’habitat en France, à savoir la logique d’accession à la propriété par le pavillon individuel et l’habitat collectif en location, nous avons pu élaborer plusieurs scénarios, toujours vérifiés par une analyse ethnographique approfondie.

Ensemble dans une bulle

L’un des scénarios, que nous avons nommé « Ensemble dans une bulle », présente l’avantage de s’appliquer à une échelle européenne, sinon plus large.

Il s’illustre par la personne de Arnaud, jeune hipster cosmopolite et célibataire de 29 ans qui a trois résidences parallèles à Paris, Berlin et Londres avec une rémunération mensuelle de seulement 2500 euros.

Le rôle de Airbnb…

En tant que graphiste freelance au style de vie libéré et libertaire, il n’a pas d’habitat fixe : il est en colocation à Paris et partage une chambre avec une jeune fille qui n’est pas sa compagne. Tous deux ont trafiqué des meubles Ikea pour stocker leurs affaires et faire en sorte que ce soit suffisamment cool : une chambre de 10m2 qui, quand ils ne sont pas là, est louée sur Airbnb. À Berlin, les prix sont accessibles, donc Arnaud a une chambre à lui mais qu’il sous loue aussi sur Airbnb ; c’est un appartement assez expérimental, où il organise des dîners improvisés avec des gens de passage. À Londres, vu les prix, il se retrouve sur le canapé des copains, toujours via Airbnb. Il se sent partout chez lui, dans la mesure où les quartiers qu’il fréquente sont très similaires. Quand il est à Neukölln à Berlin, c’est un peu le même street art, les mêmes types de bar et de boutiques que ce qu’il va retrouver à Londres… version alternative et branchée de la mondialisation.

On l’aura compris, le « milieu » d’Arnaud n’est autre que lui-même. En effet, son principal objectif est l’expérience, pour donner du sens à sa vie et avoir l’impression de faire quelque chose d’unique.

… et du coworking

Par son statut de freelance, il n’est pas obligé non plus d’avoir un bureau. Il participe donc au mouvement de coworking mais pousse la flexibilité encore plus loin car pour lui, les espaces de coworking sont encore trop contraignants : il faut payer à la journée, c’est cher, et il ne veut pas être prisonnier d’un « abonnement » ; il préfère donc l’alternative d’une application mobile, work+ , qui lui permet de trouver un café avec Wi-Fi où il peut aller avec son chien… où qu’il soit en Europe. Il lui suffit d’entrer tous les paramètres de l’espace dont il a besoin et il peut avoir accès à plusieurs lieux de travail dans la ville où il se trouve en un seul clic…

Cheap & chic

L’autre pilier de ce mode de vie nomade et éparpillé est le bas prix des transports qu’utilise Arnaud pour se déplacer, car il compare en permanence le coût de ses trajets.

Or, ce n’est pas par écologie mais par économie qu’il va arbitrer en permanence : il va soit prendre le train, soit utiliser le car sharing, soit Easyjet (il voyage rarement avec Air France ou Lufthansa). Ce mode de vie frugal ne va pas pour autant l’empêcher d’être très éclectique, bien au contraire ! En termes de consommation, il fera des choix très pointus tout en gérant le paradoxe du « cheap & chic ».

En conclusion, le profil d’Arnaud remet complètement en question les modes de vie traditionnels. Par opposition à une classe moyenne qui se définit par la possession (ils veulent être propriétaires de tout, de leur maison, de leur voiture, et la consommation reste un Eldorado…), Arnaud incarne une nouvelle classe moyenne de « propriétaires de rien », qui sont à la pointe de tout en possédant le moins possible.

Connaitre les cultures urbaines

L’adaptation à des micro situations et solutions, la culture du micro, du mineur, peut constituer un espoir considérable pour ceux qui n’ont pas beaucoup de moyens pour déployer leur mode de vie : réinventer des micro dispositifs qui permettent de vivre mieux avec les autres et avec soi, transversalement à la multitude des styles de vie, est par conséquent un motif d’optimisme.

Les cultures urbaines gagnent donc à être connues et il est urgent de moderniser les savoirs de l’urbain en s’inspirant des styles de vie.

Ainsi, pour tenter d’éviter le piège des stéréotypes, il n’est pas d’autre choix que le dialogue interdisciplinaire et l’emboîtement empirique des échelles :  ethnographie, macro et micro sociologie, économie, politique. Pas d’autre choix que l’observation sensible et critique des contextes…

Retrouvez les autres articles dédiés à la ville dans la version digitale de la Revue INfluencia n°10!

Montre moi ton bureau, je te dirai dans quelle entreprise tu travailles !

La nouvelle étude d’UBTrends sur les enjeux de la vie au bureau en Ile de France a permis à CBRE de développer un site dédié aux différentes typologies d’entreprises (les traditionnelles, les évolutives, les codées et les mutantes) avec des témoignages de chefs d’entreprise et salariés sur leurs espaces de travail.

Pretez-vous au jeu et découvrez à quelle typologie votre entreprise appartient à l’adresse suivante : http://www.montremoitonbureau.cbre.fr/quelle-entreprise-etes-vous/