Le Blog

 

Les villes intelligentes sont-elles plus attirantes?

bandeau innovaative cityRetour d’expérience sur l’ Innovative City Convention du 18 et 19 juin 2013 à Nice – Palais des Congrès – Acropolis

Après deux jours de visite intensive et de course entre plusieurs conférences parallèles, j’ai finalement été assez enthousiasmée par l’énergie (sans jeux de mots, car elle était assez centrée sur les énergies durables) déployée par cette conférence.

En effet, justement parce que j’assiste à beaucoup de congrès français et étrangers avec un œil « concurrentiel » aiguisé, je suis aussi attentive à l’ambiance sur les salons, à leur dimension internationale, qu’à l’état d’esprit des personnes qui animent les stands, et au contenu des conférences. Et de ce point de vue, je dois reconnaître que j’ai trouvé cette convention réussie : d’une taille moyenne, ce salon permettait de converser librement avec les exposants, même si ceux-ci étaient très inégaux dans leur présentations d’activités. C’est là que j’ai pu découvrir à quel point les smart grids et les smart cities étaient certes l’avenir de nos villes mais également à quel point leurs acteurs restaient empêtrés dans leurs définitions et « visions » (parfois fantasmées), notamment en ce qui concerne les bénéfices pour les usagers.

Ce n’est pas un hasard si Nathalie Kosciusko-Morizet, invitée à s’exprimer à l’ouverture de la conférence, a déclaré préférer le terme de villes communicantes à celui de villes intelligentes ! Car les villes intelligentes demeurent complexes dans leurs approches, peu intelligibles et finalement encore intimidantes pour les villes qui n’ont pas encore les moyens d’être « à 100% » intelligentes.

La métamorphose des villes par l’urbanisation des technologies
 était donc le véritable enjeu de cette rencontre. Une politique d’intégration des technologies et d’architecture «durable» est en effet en train de transformer l’espace public et valoriser la ville au travers de nouveaux services intégrés.
 Il s’agit donc d’associer des réseaux de capteurs avec des réseaux sociaux en y intégrant tous les domaines de la vie pratique de la ville (énergies, eau, déchets, transports, sécurité, santé,..) pour que les citoyens deviennent à terme de véritables acteurs d’une ville (leur ville) intelligente et durable.

La «smart city» du 21ème siècle souhaite par conséquent s’orienter vers un espace plus social, lieu de partage et de projets collectifs où la communication et la coopération entre citoyens témoigneront de la modernité d’une ville.

Mais est-ce déjà possible, existe-t-il déjà des exemples réussis, probants ?              Pour l’instant, force est de reconnaître que l’attractivité semble passer par les outils technologiques plus que par les besoins exprimés par le client final : les exposants étaient à 90% des opérateurs énergétiques ou informatiques (ABB, GDF Suez, Suez environnement/Lyonnaise des Eaux, Schneider Electric, Siemens, Cofely Ineo, Cofely services, Alstom, Orange, IBM )… Pour autant, certaines solutions me sont apparues plus crédibles et attrayantes, souvent soutenues par des démonstrations 3D assez impressionnantes comme sur le stand GDF Suez, où  les typologies d’usagers étaient prises en compte et les scenarios bâtis sur des parcours de « vrais gens » (interrogés préalablement sur leurs pratiques et besoins (par exemple, l’étudiant et sa consommation d’énergie, le jeune couple avec enfant en bas âge, les Seniors et leurs besoins spécifiques…etc)

Autre découverte lors de ce salon : un consensus autour de la prise en compte de l’usager pour élaborer et qualifier les futures offres B to B.
 En effet, tous s’accordaient à démontrer que l’exemple et le témoignage permettent de continuer à progresser à plusieurs (entre acteurs publics et privés) dans la transition «smart city» des quartiers, des villes, des villages, des métropoles, ou des zones d’activités.

C’était d’ailleurs le pari de la Métropole Nice Côte d’Azur, qui dans l’atelier « Penser et aménager la ville durable » s’est illustrée par des témoignages concrets présentés par Alain Philip, Adjoint au Maire de la ville et responsable des questions d’aménagement, de transport et des nouvelles technologies et Véronique Paquis, également adjointe au Maire de Nice et en charge du développement durable, de l’environnement et de la Recherche. Selon eux, le succès d’initiatives publiques comme l’éco-vallée dans le Var ou l’éco stadium Riviera, vient du fait que l’aménagement s’est fait avec des partenariats de plus en plus riches avec le privé, qui ont aussi permis d’organiser la transversalité des réalisations et l’apparition de nouveaux outils et de nouveaux métiers, bien adaptés au territoire local. (Je reconnais ici notre métier d’études et d’accompagnement de projets urbains, qui trouve ici toute sa justification, ndlr)

Pour Véronique Paquis, le développement durable est un starter de la réflexion et ses leviers sont l’environnement, l’économique, le social. Sans cette articulation et sans les partenariats, point de salut (sous entendu, l’éco stadium Riviera inclut et valorise ces 3 aspects)

Faire parler ensemble des mondes qui ne se parlent jamais est bien devenu un enjeu décisif pour les aménageurs et développeurs, et nous nous en réjouissons : même au plan local, identifier les talents, les compétences et les faire oeuvrer sur le long terme est une source d’optimisme. Car les projets ont une temporalité longue, qui permet aux partenariats de se former et d’aboutir.

L’attractivité des villes passera par l’humain ou ne passera pas… pourrait être la conclusion de mon voyage express sur la côte d’Azur. En effet, que ce soit sur les projets de villes durables, de technopoles, de nouveaux espaces de bureaux ou de futurs logements, on voit bien que la ville redevient aimable (alors qu’on la fuyait encore il y a 10 à 15 ans) à condition d’être à nouveau capable d’attirer des talents et des milieux productifs, donc des emplois. Un vrai défi pour les élus car c’est à eux qu’incombe la transformation véritable, celle qui fera que leur ville deviendra (ou non) un terrain d’expérimentation.Quelle expérimentation ? Celle qui permettra par exemple de mettre en valeur les succès en offrant aux entreprises des espaces de parole et d’apprentissage nouveaux.

Comme le disait Jean Rottner, Maire de Mulhouse, en conclusion du débat sur les stratégies d’innovation et d’attractivité pour les territoires, « l’intelligence collective prendra dans les entreprises quand les gens prendront plaisir à l’expérimenter »… Et ce plaisir passe par des démarches créatives, systémiques, en rupture avec l’existant, les routines. Aujourd’hui, il est illusoire de penser qu’on innove seul. Mulhouse travaille désormais avec des territoires aussi différents que Nice, Strasbourg, la Suisse, l’Allemagne et Montréal, ce qui prouve que finalement, la co-création n’est pas une question d’échelle… mais de volonté.

Adeline Attia, Directrice d’UBTrends, cabinet d’études marketing & Prospective, et fondatrice d’UrbanTrends, Club de réflexion et d’action autour des enjeux de la ville de demain

 

Focus sur l’Eco-Vallée

A l’initiative de Christian Estrosi, alors ministre de l’Aménagement du territoire, l’État a conféré le statut d’OIN (Opération d’Intérêt National) à l’Éco-vallée, en accord avec les collectivités locales. Enjeu local majeur, importance régionale pour un essor équilibré de Provence-Alpes Côte d’Azur, intérêt national, l’Éco-vallée est le fruit d’un engagement collectif de l’État, de la communauté urbaine Nice Côte d’Azur, du conseil régional PACA, du conseil général des Alpes-Maritimes et des deux autres intercommunalités de la plaine du Var (Les Côteaux d’Azur et l’Estéron).  L’Établissement Public d’Aménagement (EPA) de la plaine du Var, présidé par Christian Tordo,  est  chargé de piloter l’opération en coopération avec ses partenaires ; il tient le rôle d’aménageur, de développeur et d’ensemblier sur le périmètre de l’Éco-vallée.

Le principe de base guide les opérations dans l’Éco-vallée : un aménagement et un  développement « éco-exemplaires ». Il s’agit de réaliser à terme (environ trente ans) un programme mixte d’immobilier d’entreprise, de logements, de commerces, de centres de formation-recherche ainsi que d’équipements sportifs et de loisirs estimé à environ 3 millions de m² sur les 10 000 ha de l’opération. L’Éco-vallée qui s’impose au plan européen comme un projet majeur a pour objectif de créer entre 40 000 et 50 000 emplois afin de constituer le moteur de la mutation économique de la Côte d’Azur. A travers ses projets majeurs, ce programme ambitieux vise à :

  • favoriser l’essor du tertiaire supérieur et du tourisme d’affaires (projet de parc des expositions et des congrès, 80 000 m²)
  • créer un espace de développement attractif au cœur de la métropole niçoise pour les activitésde R&D et de formation dans les secteurs de la croissance verte, de la santé et des services mobiles « sans contact », en lien avec le renforcement d’outils destinés à favoriser le développement endogène d’entreprises avec le technopole urbain de Nice Méridia
  • encourager la mixité fonctionnelle, urbaine et sociale
  • mettre en place une politique de transports et de déplacements préalable aux aménagements et non plus en « rattrapage »
  • créer un modèle innovant de cohabitation entre activités agricoles, activités urbaines (logements, commerces, sport, loisirs), activités économiques, formation-recherche
  • implanter une plateforme de distribution des produits agro-alimentaires et horticoles ainsi qu’une plateforme logistique intégrant des locaux d’activités
  • requalifier et développer des parcs d’activités compatibles avec les filières industrielles de l’Éco-Vallée
  • mettre en place un vaste schéma hydraulique permettant de développer un urbanisme compatible avec la proximité du fleuve.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *