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Mix(cité), ville en partage : 16 projets

Jusqu’au 15 juillet, l’Observatoire de la Ville, une action de la Fondation d’Entreprise Bouygues Immobilier, s’installe à la Cité de l’Architecture et du patrimoine, à Paris et propose une exposition originale et très bien documentée, intitulée « Mix(cité), villes en partage ».

La diversité du terme « mixité » est ici réellement posée. Comme le dit si justement Frédéric Mialet, commissaire de l’exposition, il y a urgence à agir pour créer une ville mixte, c’est à dire « parvenir à réunir et faire vivre ensemble des populations différentes par leur milieu social ou culturel, leur origine, leur niveau de vie ou de qualification ».

Or au-delà de la mixité sociale, la plus spontanément associée au concept de mixité, l’exposition a le mérite de donner bien d’autres exemples très concrets de non ségrégation: mixité fonctionnelle d’abord, à travers l’illustration de quartiers qui mêlent plusieurs usages, l’habitat, les bureaux, les commerces, les loisirs… mixité morphologique ensuite ( visant à décupler les formes d’habitat , du collectif à l’individuel) et enfin et surtout, mixité générationnelle, qui personnellement, me paraît la plus « prospective» dans l’époque que nous vivons.

En effet, l’idée de faire travailler les générations à des projets communs dans la ville est un vrai défi car on s’attaque ici à un autre fléau, souvent muet, qui est la discrimination générationnelle.

Selon Christian Devillers, architecte urbaniste et expert de l’Observatoire de la Ville, l’un des moyens les plus efficaces de favoriser la mixité générationnelle est de prévoir des logements sociaux adaptés aux besoins des personnes âgées et de favoriser une mobilité résidentielle choisie par elles. L’exemple donné est celui d’une résidence évolutive avec services au cœur de l’éco-quartier de la Monnaie dans l’agglomération angevine (Noveom)

Pour Alain Bourdin, sociologue-urbaniste et professeur des universités, c’est le partage du temps qui est une question sociétale cruciale car elle implique «  l’organisation de l’activité professionnelle et des retraites qui passe aussi par l’organisation de la ville »

Cette mixité dépend donc d’abord des « temporalités » de chaque génération et de l’organisation de la vie quotidienne qui en découle. Des expériences telles que l’adhésion de certaines villes ou villages à une charte des « slow cities » contribuent efficacement à la mixité urbaine. Toujours selon Alain Bourdin,  « c’est aussi une question de reconnaissance : jusqu’à 30 ans, on ne compte pas et après 55 ans, on ne compte plus, sauf pour susciter la jalousie si l’on devient un jeune retraité à hauts revenus » *

Alain BourdinAlain Bourdin, pendant le vernissage de l’exposition le 15 mai 2012

L’intérêt de cette exposition est de démontrer à l’aide d’exemples nationaux et internationaux que la mixité se joue à toutes les échelles de la ville, en privilégiant néanmoins l’échelle du quartier et des rencontres, celle de la relation humaine : c’est à partir de là que s’élaborent les futures articulations entre travail et habitat, formes et usages, bâtiments et espaces publics…

Alors courez-y, cela vaut le détour par le Trocadéro !

MIX (CITE), VILLES EN PARTAGE, du 16 mai au 15 juillet 2012, Cité de l’Architecture et du patrimoine, Palais de Chaillot, Hall du Pavillon d’About, 7 rue Albert de Mun, Paris 16e.

* voir catalogue de l’exposition, une édition AMC/L’Observatoire de la Ville, 19€

Une réflexion au sujet de « Mix(cité), ville en partage : 16 projets »

  1. Nathalie Ancelin

    Merci pour le club de réflexion de cet après-midi. Grande richesse des contenus, haut niveau des débats, grande diversité des intervenants. Très stimulant.
    Quant au buffet ….. mmmmm. Parfait ! A bientôt

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